Nos grand’mères ne laissaient rien au hasard. Par l’éducation reçue, les jeunes filles étaient modelées pour leur future vie. Ces dames apprenaient aux enfants à surmonter tous les obstacles de la vie.
L’institution du mariage est importante dans la vie d’un être. C’est une étape de la vie qui est conseillée par les enseignements religieux et coutumiers. A travers le mariage, deux êtres s’unissent pour la vie. Ce qui entraîne d’autres alliances : des familles qui se constituent, des communautés se forment.
Au temps de ma grand’mère, il était inculqué à la jeune fille le sacrement du lien du mariage : « le mariage n’est pas un boubou que l’on peut enlever et remettre selon notre humeur ».
Ces propos sont répétés par nos sages qui préparaient les jeunes mariées à la probabilité d’une vie où le meilleur et le pire se côtoient, où l’abondance, l’opulence et la disette peuvent se relayer mais le plus important est de savoir surmonter ces durs moments avec le sourire et tirer des leçons de ces moments.
Selon ma grand’mère, le mariage est une source intarissable dans laquelle on se baigne, on étanche sa soif et même s’il ne manque pas qu’on s’y étouffe ou qu’on a l’impression de s’y noyer, l’essentiel est d’y émerger, ne jamais se laisser noyer.
Ma grand’ mère m’a révélé que l’eau chaude qui servait au bain rituel de la jeune mariée était une manière de lui signifier les différents moments que peut être la vie d’une épouse et l’eau douce signifie à la jeune mariée toute la douceur qui l’attend dans le mariage.
Pour mettre la jeune mariée en garde contre toutes les mauvaises surprises qui peuvent l’attendre le jour de ses noces ou dans son foyer, les femmes lui racontent des histoires qui lui font peur et l’amènent à penser qu’elle s’est engagée sur une piste brûlante de la vie.
Seulement aux dires des veilles dames, il s’agit simplement d’un moyen pour elles d’attirer l’attention de la jeune mariée sur l’importance d’une bonne conduite qu’elle devrait tenir. Et si on signifiait à la jeune mariée que le mariage était un passage facile, elle risquerait de se complaire dans la facilité et ne ferait point d’effort pour s’intégrer à sa nouvelle vie.
Les larmes de la jeune mariée sont dues à la crainte qu’elle ressent pour la nouvelle vie qui l’attend. Elle est tenaillée par la peur de pouvoir ou non relever le défi de mener à bien cette nouvelle vie. Elle se pose plusieurs questions : parviendra t-elle à s’entendre avec les membres de sa nouvelle famille ? Réussira t-elle à obtenir le bonheur familial ?
Ma grand’mère m’a dit que pour réussir son mariage, il faut faire de son mari son père, son frère, son ami et son partenaire à toutes périodes. Elle m’a souligné que la jeune mariée devrait mettre en tête « qu’elle s’est engagée pour un voyage sans retour... Qu’elle a pour mission de réussir cette nouvelle vie quoique cela lui coûte ».
Khadydiatou Sanogo
Le Républicain du 01 Février 2010.
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