Le commissariat de police du 7ème arrondissement, sis à Sogoniko en Commune VI du District de Bamako, vient de réussir un joli coup en mettant hors d’état de nuire, la quasi-totalité des membres du gang qui opérait à bord de la Mercedès à travers les villes de Bamako et de Kati. Le Commissaire divisionnaire Karim Sidibé, son adjoint, Ibrahima Diakité et leurs hommes sont plus que jamais déterminés à sévir contre les bandits et malfrats de tout acabit qui perturbent la quiétude des paisibles populations de la capitale.
Une semaine seulement après la rencontre qui a réuni le ministre de la Sécurité intérieure et de la Protection civile, le Général Sadio Gassama, et les principaux acteurs de la sécurité à Bamako, Koulikoro et Kati, les éléments du commissariat de police du 7ème arrondissement viennent de démanteler le gang qui opérait à bord de la Mercedès noire. Ayant défrayé la chronique depuis un certain temps, ces malfrats, tristement célèbres, sont finalement tombés dans les filets de la police.
Tout est parti dans la nuit du 28 au 29 janvier. En effet, un citoyen est venu informer le commissariat du 7ème arrondissement qu’un vol avec braquage vient d’être commis à Faladiè Sokoro.
Selon le commissaire divisionnaire, Karim Sidibé, l’informateur a précisé que les malfrats sont puissamment armés et sont à bord d’une voiture Peugeot 406 de couleur grise. Il était environ 3 heures du matin. Les équipes de patrouille, au nombre de trois cette nuit, ont été immédiatement informées.
La baraka aidant, l’équipe qui sillonnait le quartier de Magnambougou tomba nez à nez avec le véhicule indexé vers 4 heures du matin. Une course poursuite s’est naturellement engagée. Mais puisque les policiers sont à bord d’une petite voiture, beaucoup moins performante que celle des bandits, ces derniers réussirent à disparaitre dans la nature.
A la police, tous les moyens sont bons pour traquer les bandits. Ainsi, en bons professionnels, les policiers descendirent de leur véhicule et suivirent, à pied, les traces de la 406.
La chance leur sourit car, quelques minutes plus tard, ils croisèrent deux individus qui ne leur inspiraient pas confiance.
Le flair du policier ne trompe généralement pas. Ils procédèrent alors à leur interpellation.
Dans un premier temps, les deux malfrats essayèrent de mener les policiers en bateau en niant tout.
Ces derniers les ont tout de même embarqués. Quelques minutes après, ils retrouvèrent le véhicule qu’ils cherchaient activement dans une famille. Face à l’évidence, ils étaient confondus.
Finalement, ils ont reconnu que ce sont eux qui étaient à bord de la 406. Sur place, il y avait deux autres individus qui ont été cueillis par les éléments du 7ème arrondissement qui ont également conduit la Peugeot 406 au commissariat. Ainsi, le nombre de bandits arrêtés fut porté à 4 en l’espace de quelques minutes.
La 406 incriminée était garée chez un certain Moriba Kéita alias P qui a réussi à prendre la clé des champs sur la Jakarta qu’ils venaient de voler à Faladiè Sokoro.
Au cours de l’enquête, un élément clé de la bande du nom de Binafou Dembélé déclara : "J’ai vendu cinq motos à Daouda Tangara dit Nèguè, un receleur".
Pour mettre le grappin sur ce dernier, avec la complicité de Binafou Dembélé, les policiers, déguisés, proposent de vendre des motos à Nèguè. Occasion sur laquelle le receleur sauta et le reste n’était plus qu’un jeu d’enfant.
Moriba, le cerveau de la bande qui a fui, était activement recherché. C’est dans la nuit du 31 janvier au 1er février, qu’il a été appréhendé à Djikoroni Para.
Selon le commissaire Sidibé en charge du 7ème arrondissement, ce gang a causé assez de torts aux Bamakois et les propriétaires de Jakartas sont leurs victimes potentielles.
A en croire les bandits, une moto volée est vendue au plus tard 30 minutes après. Ce qui signifie que les bandits et leurs complices receleurs sont bien organisés. Ils opèrent à bord de quatre véhicules dont deux Mercedès 190 (une blanche et l’autre noire), une Toyota Silica noire immatriculée B 8590 MD et une Peugeot 406 grise N° de châssis CH 5855.
Les bandits disposent de plusieurs plaques d’immatriculation pour ces véhicules si bien qu’il n’était pas très facile de les identifier.
A chaque opération, une nouvelle plaque était installée sur un véhicule.
Dans la conduite de cette affaire, un jeune du nom de Lahaou Touré a été appréhendé. Il était armé et portait deux cartouches de balles dans la zone de Sirakoro Méguétana et venait de tirer à bout portant sur un gendarme du nom de Amadomo Togo. Comme si cela ne suffisait pas, il a fait des tirs de sommation pour tenir en respect les populations qui avaient été attirées par la clameur publique.
Et pour lui éviter un lynchage, le véhicule du commissaire adjoint, Ibrahima Diakité, à bord duquel le bandit a trouvé refuge, fut endommagé et le commissaire lui-même s’en est tiré avec des égratignures.
Le commissariat du 7ème arrondissement, avec ses maigres moyens, une des équipes de patrouille opère dans la voiture personnelle du commissaire adjoint, vient de réussir un coup de maître. Comme l’a dit le Général Gassama : "Il suffit de s’organiser en professionnels pour mettre les malfrats hors d’état de nuire".
Dans ce noble combat que mènent les policiers contre l’insécurité, l’apport de la population est déterminant. C’est même un devoir citoyen car les bandits qui sèment la terreur et la désolation sur leur passage ne vivent pas ailleurs. Nous vivons tous ensemble dans les quartiers et dans les familles. Il s’agit tout simplement de les dénoncer.
Diakaridia YOSSI
L’Indépendant du 02 Février 2010.
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